18.4.09

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Souvent, et souvent à une femme, je prononce la phrase: "Schubert est mort à trente-et-un ans".

Dans un premier temps, de façon alors impersonnelle, je le dis pour contraster la connerie du quotidien de l'Homme avec l'injuste incompréhension de l'art, de sorte que, et ce n'est pas toujours le cas, un petit bonhomme se situe dans l'échelle intemporelle du génie, et classe alors ses problèmes de merde avec son créateur propre: son esprit de merde. Cela ne fonctionne que très rarement, et qui plus est pour un court instant, car bien sûr, le bonhomme ne mesure pas la portée de ma remarque.

En un second temps je ne le nie pas, je me compare à ce profond compositeur de musique pour rappeller, alors dans un souci proprement personnel, que non seulement je m'en bas les couilles des problèmes insignifiants de ce petit bonhomme, mais qu'en plus je méprise de façon bien transparente l'esprit de merde de ce même tout, tout petit bonhomme qui m'emmerde, moi Schubert, alors que je ne vis que pour ma musique, et que je marche de temps à autre sur des merdes qui ont à mes yeux bien plus de consistance que ses problèmes.

Entre autres raisons, si je méprise cet homme faible c'est bien sûr, ne changeons pas de sujet, parce que lorsqu'il vient m'adresser sa petite parole, il a oublié la dernière fois que je lui ai confié, alors plein d'espoir, que "Scubert était mort à trente-et-un ans..." Je l'admets, il est difficile au premier abord de saisir toute la profondeur du sens de cette phrase, mais bien qu'apparement encore trop naïf, j'ose espérer que les mots que j'adresse soient écoutés puis mûris. Ce n'est le cas qu'avec une personne sur la planète, et je crois bien que c'est moi-même si j'en crois le "Film du siècle".

Bref, je ne peux bien sûr m'empêcher de m'imaginer mourrir à trente-et-un ans, en ayant entendu tout le long de ma vie, vous, les Hommes, les bonhommes, qui vous plaignez de votre propre connerie. Je constate non sans honnête surprise que je me plains à mon tour, d'une autre connerie si on ose la comparer au sens que je pense accoder à ma vie avec une certaine et juste prétention. Ceci n'est pas censé être un avertissement, ou une quelconque menace, mais juste une simple remarque, qui, clairement, veut dire et prévenir: "Ne vous étonnez pas si j'ignore vos problèmes, je n'arrive seulement pas à les entendre".

Une dernière chose."Schubert est mort à trente-et-un ans". Pensez-y.

8.3.09

- Réincarnation -

En fait vous avez le choix entre 4 niveaux de conscience pour votre incarnation. Vous connaissez les jeux vidéos ? En fait c'est un peu comme les modes facile, normal et difficile, vous comprenez ?
Bon voyez, ici les 4 files, une par mode. Oui, y'a du monde dans celle là-bas, la "sans échec" est très populaire. Je vous explique.

  • En mode "légume", vous avez à peine conscience de votre existence. Vous serez gérée par la société et n'aurez strictement aucune question à vous poser. Attention, faible chance d'avoir un soupçon de conscience, ce qui peut-être pire que tout, mais ça reste rare. Un mode idéal quand on veut prendre quelques vacances entre deux vies trop fatigantes.

    Fauteuil roulant.

  • Le fameux mode "sans échec", notre produit phare. Votre conscience de l'existence et des autres est limitée de façon très stricte et gravite principalement autour de vous-même. Vous n'aurze pas de soucis, et vous pourrez accéder à un bonheur que je qualifierais de "basique mais confortable".

    Télévision (séries télé + sport), amis.

  • Le mode "normal", ne vous fiez pas au nom, c'est déjà assez chaud, je vous le déconseille si c'est votre première incarnation. Vous avez une conscience assez pointue de votre environnement et des autres, et il se peut que vous vous sentiez oppressée par votre quotidien, puisque vous aurez la capacité d'estimer l'étendue de votre malheur. Cependant vous pourrez accéder à un bonheur "de qualité", mais ce n'est pas garanti, ça reste un mode difficile.

    Sacs poubelle, vaisselle, vernissage.

  • Le mode "lucide", on le refuse aux débutants. Dans ce mode, vous avez une conscience aigue de l'absurdité du monde et de votre propre vacuité. Il vous est impossible de vous réfugier dans les rêves ou les illusions. C'est comme si vous fixiez le soleil sans jamais pouvoir cligner des yeux. La plupart des gens qui choisissent ce mode s'incarnent en fous, alcooliques, suicidaires ou artistes. Néanmoins on a toujours quelques têtes brûlées qui tentent le coup. D'autant qu'on a une ristourne de 50% sur ce mode. Généralement on les voit revenir assez vite..

    Camisole.

1.3.09

La tolérance ? Il y a des maisons pour ça.

La littérature et le cinéma nous encombrent l'imagination de grands drames qui bouleversent la destinée du héros. Mais dans la réalité, ces brusques coups de tonerre prennent presque toujours la forme de détails ridicules.
Quand on utilise son sens de l'observation dans une direction à laquelle les gens ne sont pas habitués, ils vous prennent aussitôt pour un original qui cherche à faire le malin. Il y a des gens qui, par défaut d'imagination, s'habillent et se comportent comme des clichés, des gens dont toute l'énergie est tendue vers ce qu'ils croient être l'adéquation à leur fonction, qui sont comme des enseignes lumineuses sur lesquelles clignotent ces mots: "je suis con... je suis con..."


En fait j'oscille entre exaspération et lassitude. Je suis dans cette humeur où l'on sent monter au fond de soi le vent de la révolte en même temps qu'un certain fatalisme.



J'ai donc saisi mon chat par la peau du cou, je me suis dirigé vers le balcon et je l'ai jeté à travers la fenêtre. Puis j'ai éteint la télé et je suis allé me coucher.